|
Pétrole : L'Iran
et la Libye refusent de suivre l'Irak
Ils veulent un soutien unanime de la part des autres pays arabes et musulmans
L'Organisation des pays
exportateurs de pétrole (OPEP) a assuré hier mercredi que ni l'Iran ni la Libye
ne se joindraient à l'Irak, qui a décidé lundi de suspendre pendant 30 jours ses
exportations de brut.
|
|
L'Iran et la Libye auraient
fait savoir qu'ils ne se joindraient au boycottage décidé par Bagdad que «si les
autres pays arabes ou musulmans décidaient d'y prendre part», a indiqué une source
proche du cartel au siège de l'Organisation à Vienne. Selon cette source, cette
éventualité n'est «pas envisageable».
Le boycottage décidé par l'Irak en signe de protestation contre l'offensive militaire
israélienne en Cisjordanie «ne sert pas la cause palestinienne», a encore estimé
la source, ajoutant que l'OPEP en tant que telle restait opposée «à toute forme
d'embargo» pétrolier. Estimant que Hussein «est passé maître de jouer avec les
affects des masses dans les pays arabes», la source affirme: «En réalité, la décision
irakienne ne constitue pas une solution pour les Palestiniens avec lesquels, naturellement,
nous sympathisons».
«Nous ne nous attendons pas à ce que les prix du brut se maintiennent à 26-27
dollars le baril, sauf si quelque chose de dramatique venait à se passer» au Proche-orient,
a ajouté la source, en faisant remarquer que le cours moyen du «panier OPEP» avait
baissé mardi.
Le cours moyen du «panier OPEP», qui est composé de sept bruts mondiaux et sert
à l'ajustement de la production de l'Organisation, est passé à 24, 25 dollars
le baril mardi contre 25,13 dollars lundi, a rapporté hier l'OPECNA, l'Agence
de presse du cartel reçue dans la capitale autrichienne.
Pour les marchés, la question est de savoir si les membres de l'OPEP seraient
prêts à compenser le manque de brut irakien, évalué à environ 2 millions de barils
par jour.
Le président américain George W. Bush a exprimé ses craintes que la flambée des
prix du pétrole n'entrave la reprise économique américaine et s'est déclaré prêt
à envisager une série «d'options» après la suspension des exportations irakiennes
de brut.
Synthèse L'Economiste
11/04/2002
|