Attentat à la voiture piégée à Beyrouth: neuf blessés
| Plus d'un mois après l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, un attentat à la voiture piégée a fait neuf blessés tôt samedi matin dans la banlieue nord à majorité chrétienne de Beyrouth, selon la police et les hôpitaux. Du côté de l'opposition, certains pointent le doigt vers la Syrie. |
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La déflagration s'est produite devant un immeuble d'habitation de sept étages peu après 0h samedi dans la zone commerciale du quartier de Jdeidé. La cible précise de l'attentat restait encore à déterminer, mais un député de l'opposition a qualifié l'explosion d'acte de terrorisme visant à déstabiliser le pays.
«C'est le message lancé au peuple libanais depuis quelques temps pour semer la peur et la terreur parmi les citoyens», a déclaré sur la chaîne de télévision panarabe Al-Jazira Pierre Gemayel, membre du bloc d'opposition chrétienne au Parlement et fils de l'ancien président Amine Gemayel. Le but est de dire: «S'il y a un retrait syrien du Liban, regardez ce qui se passera au Liban», a-t-il ajouté.
Le Druze Walid Joumblatt, un des leaders de l'opposition, a affirmé qu'il pourrait y avoir d'autres attentats à la voiture piégée et des tentatives d'assassinat, mais il a appelé au calme, assurant que cela ne «menace pas notre unité nationale».
Dans un communiqué diffusé après l'attentat, le président pro-syrien Emile Lahoud n'y a pas fait référence, affirmant seulement que le Liban était confronté à «des circonstances exceptionnelles» qui nécessitait «un dialogue immédiat et direct» entre l'opposition et les mouvements pro-gouvernementaux. Farès Soeid, un parlementaire de l'opposition, a décliné l'invitation. «C'est trop tard. Cette question est close», a-t-il affirmé.
Le président Lahoud a par ailleurs annoncé qu'il ne se rendrait finalement pas lundi au sommet de la Ligue arabe à Alger, tandis que l'armée a précisé qu'elle allait renforcer les mesures de sécurité.
Selon des responsables de la sécurité, l'explosion a été causée par une bombe à retardement placée sous une voiture appartenant à un Libano-arménien habitant dans l'immeuble endommagé. On ignorait dans l'immédiat où se trouvait le propriétaire de la voiture et pourquoi la bombe avait été placée sous son véhicule. Un général de police présent sur les lieux a confirmé que l'explosion était due à une voiture piégée de marque Datsun.
Selon des témoins, le conducteur du véhicule avait initialement tenté de s'arrêter devant un bar, mais les responsables de la sécurité de l'établissement l'en ont empêché. Il est alors allé se garer un peu plus loin et la voiture a explosé quelques minutes plus tard alors que des clients jouait au bingo dans le bar.
La déflagration a détruit le rez-de-chaussé et soufflé la façade des deux premiers étages d'un immeuble adjacent. Elle a laissé un cratère de deux mètres de profondeur, projeté des débris à plusieurs dizaines de mètres aux alentours et endommagé des maisons, des voitures et des commerces.
«On dormait quand c'est arrivé», a déclaré à la télévision un homme habitant au deuxième étage de l'immeuble. «On ne sait pas ce qui s'est passé ni pourquoi. Personne d'important n'habite ici», a-t-il ajouté.
Cet attentat intervient alors que le Liban traverse une crise politique majeure après l'assassinat dans un attentat le 14 février de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri qui a replongé le pays dans la division, notamment au sujet du retrait des forces syriennes.
La Syrie a immédiatement été soupçonnée d'avoir commandité l'attentat. Depuis, la communauté internationale fait pression sur Damas pour que le retrait de ses soldats et services de renseignements soit achevé avant les élections législatives prévues en mai, et les pro et anti-syriens manifestent à tour de rôle à Beyrouth.
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Beyrouth,19Mars2005 Rédaction AP
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