Le Hezbollah et l'opposition libanaise proposent de dialoguer
Le chef du Hezbollah libanais et le député et chef druze, Walid Joumblatt, ont tous deux affirmé vouloir établir un dialogue en vue de la constitution d'un nouveau gouvernement. Mais leurs positions semblent difficilement conciliables.
Le chef du Hezbollah libanais, Hassan Nasrallah, a appelé l'opposition anti-syrienne au dialogue devant la foule rassemblée, mardi 8 mars, à Beyrouth à la demande des partis pro-syriens. |
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Cheikh Nasrallah a jugé qu'un gouvernement "neutre et impartial", réclamé par l'opposition, n'était pas une solution à la crise et s'est prononcé en faveur de la formation d'un "gouvernement d'entente nationale", après la démission du cabinet d'Omar Karamé le 28 février.
"Si l'opposition refuse un tel gouvernement, nous les exhortons à engager le dialogue autour d'une table, n'importe où", a-t-il ajouté, en appelant "à la révision de leurs positions". "Si nous engageons le dialogue (...) je peux vous assurer que la Syrie appuiera tout ce dont nous conviendrons ensemble", a-t-il dit, sous les hourras de la foule.
L'un des ténors de l'opposition libanaise, le député et chef druze Walid Joumblatt, en visite à Berlin, a, pour sa part, tendu la main au mouvement chiite libanais Hezbollah. "Il est nécessaire et important d'avoir un dialogue avec le Hezbollah et [nous] souhaitons qu'ils se joignent à nous, à nos rangs (...) comme défenseurs du Liban, d'un Liban démocratique", a déclaré M. Joumblatt après un entretien avec le chef de la diplomatie allemande Joschka Fischer.
Un responsable de l'opposition, Elias Atallah (Gauche démocratique), a qualifié de "positive" la position de cheikh Nasrallah, qui a selon lui souligné "la nécessité de sauvegarder la paix civile" et adopté la thèse de la "concurrence démocratique sur la base de la reconnaissance des différences".
L'établissement d'un dialogue entre l'opposition et le Hezbollah comme la formation d'un gouvernement d'entente nationale semblent toutefois difficilement envisageables. Les opposants à la présence syrienne au Liban et les alliés de la Syrie se disent également attachés à l'indépendance de leur pays, mais chacun à leur manière.
Rassemblés quotidiennement depuis trois semaines sur la place des Martyrs, transformée en "place de la Liberté" depuis l'assassinat de l'ex-premier ministre Rafic Hariri, des dizaines de milliers de Libanais de tous âges crient : "La Syrie dehors !". Les alliés de la Syrie, qui ont rassemblé mardi plus de 400 000 personnes, sous la houlette des mouvements chiites Hezbollah et Amal, ont également manifesté pour l'indépendance, en hissant le seul drapeau libanais, ce qui est sans précédent. Mais ils étaient là pour dire "Merci à la Syrie". Et non "la Syrie dehors!".
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Beyrouth,09Mars2005 Rédaction Le Monde
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