Le Hezbollah appelle à un grand rassemblement
| Le redéploiement annoncé des troupes syriennes au Liban commencera dès lundi, juste après la rencontre des présidents libanais et syrien à Damas. Le ministre libanais de la Défense l'a assuré dimanche au lendemain du discours de Bachar el-Assad qui a laissé sceptique l'opposition libanaise et la communauté internationale. |
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Dans le même temps, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a appelé à un grand rassemblement à Beyrouth mardi pour protester contre «l'intervention étrangère» au Liban et dénoncer la résolution 1559 des Nations unies qui réclame le retrait syrien du Liban et le désarmement de la guérilla chiite pro-syrienne. Une contre-manifestation qui fait suite à plusieurs jours de mobilisation anti-syrienne après l'assassinat de l'ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri, le 14 février.
D'après le ministre libanais de la Défense Abdel Rahim Mourad, les troupes syriennes au Liban vont entamer dès lundi un redéploiement vers l'est du pays, quittant le Mont Liban et le Nord pour se replier vers la vallée de la Bekaa. Ce redéploiement devrait prendre deux ou trois jours, a précisé le ministre à l'Associated Press.
Ce repli des 14 000 soldats syriens vers la vallée de la Bekaa constitue la première étape d'un retrait en deux phases annoncé par le président syrien Bachar el-Assad samedi lors d'un discours solennel devant le parlement. Une annonce qui a laissé néanmoins planer le doute sur un retrait total des forces syriennes du Liban.
Le président syrien n'a pas vraiment dit si les troupes syriennes quitteraient le Liban ou resteraient près de la frontière syrienne, même si la ministre syrienne de l'Immigration Buthaina Shaaban a ensuite affirmé samedi soir que le retrait serait total et interviendrait «dès que possible».
Les détails du retrait devaient être finalisés lundi lors d'une réunion du Conseil suprême syro-libanais, qui réunit les chefs d'État des deux pays, le Syrien Bachar el-Assad et le Libanais Emile Lahoud.
Dans un entretien à paraître lundi dans le magazine américain Time, Bachar el-Assad se dit par ailleurs prêt à coopérer, mais souligne qu'«il ne suffit pas d'appuyer sur un bouton pour réformer». «Faites passer le message, je ne suis pas Saddam Hussein. Je veux coopérer», déclare-t-il.
Mais l'annonce de Bachar el-Assad n'a pas satisfait les États-Unis, qui font pression avec Paris pour que la Syrie lâche son emprise sur le Pays du Cèdre. Le conseiller de la Maison Blanche Dan Bartlett a critiqué un discours qui contenait «plus de généralités et de demi-mesures que de respect des demandes de la communauté internationale».
Interrogé sur CNN, M. Bartlett a souligné que les services secrets et les agents du renseignement syrien «qui maintiennent réellement le peuple libanais sous le joug de la peur» devaient également quitter le Liban. Dans son discours devant le parlement syrien, Bachar el-Assad n'a pas fait mention d'un départ possible des agents secrets syriens, l'une des exigences clés de l'opposition libanaise.
Les détails du retrait devaient être finalisés lundi lors d'une réunion du Conseil suprême syro-libanais.
La France a de son côté «pris acte» de la volonté affichée du président syrien d'appliquer la résolution 1559 du Conseil de sécurité de l'ONU, faisant savoir qu'elle attendait en conséquence que Damas «retire intégralement ses troupes et ses services du Liban dans les meilleurs délais».
Le chef de la diplomatie israélienne Silvan Shalom a également réclamé un retrait syrien total, évoquant l'éventualité d'une paix entre le Liban et Israël si c'était le cas.
«Le discours du président Assad était une annonce politique. Ce que les Libanais attendent c'est l'application de cette annonce», expliquait de son côté Fares Soeid, un député de l'opposition libanaise. «Nous disons depuis 30 ans que l'armée syrienne doit quitter le Liban et que nous pourrons gérer nos propres affaires», a-t-il ajouté, écartant toute idée qu'un retrait puisse provoquer des problèmes de sécurité dans le pays. «Aujourd'hui nous réaffirmons que le peuple libanais est capable d'administrer ses affaires intérieures».
Le «soulèvement de l'indépendance», mobilisation pacifique qui a suivi l'attentat contre Rafic Hariri, se poursuivra jusqu'à ce que toutes les revendications de l'opposition soient satisfaites, a ajouté Fares Soeid.
L'opposition a déjà obtenu lundi la démission du gouvernement pro-syrien d'Omar Karamé. Le bureau du président Lahoud a annoncé dimanche que le chef de l'État consulterait mercredi les députés sur la nomination du nouveau premier ministre. Ce dernier devra également consulter les parlementaires avant de former son gouvernement qui sera ensuite soumis à un vote de confiance.
L'opposition libanaise exige aussi que les assassins de l'ex-Premier ministre soient livrés à la justice et que les chefs pro-syriens de la sécurité libanaise soient limogés. Nombre de Libanais ont montré du doigt les gouvernements syrien et libanais après l'assassinat de Rafic Hariri.
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Beyrouth,06Mars2005 Redaction AP
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