15 février 2005 : le Liban en état de choc
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Plus de 24H après l'assassinat de Rafic Hariri, le Liban est en état de choc. Le gouvernement a décrété trois jours de deuil national et a demandé à l'armée de se déployer pour éviter les risques de débordement. Dans l'ensemble, la population est restée chez elle pour analyser la situation et "voir venir". |
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Certains partisans de Rafic Hariri ont manifesté à Saida, Beyrouth et Tripoli. Ils dénoncent l'implication du gouvernement syrien et de son allié le gouvernement libanais auquel il demande de démisionner et de mettre un gouvernement de transition en place juqu'aux élections législatives prévues en Mai.
Le député et chef druze libanais, figure de l'opposition avec Michel Aoun et Rafic Hariri, a accusé sans ambages le "régime libanais et la Syrie" d'avoir fomenté l'attentat contre l'ex-Premier ministre. "Nous avons osé dire non à la prorogation du mandat du (président Emile) Lahoud. Ce régime, appuyé par les Syriens, ce régime de terroristes, de terreur a continué et a réussi hier à éliminer Rafic Hariri", a-t-il déclaré sur les ondes de Radio France internationale (RFI).
Demain, mercredi 16 février, auront lieu les funérailles de Rafic Hariri. Son entourage et ses partisans demandent au gouvernement de ne pas y participer. Les risques d'escalade sont donc très probables lors de cette cérémonie si certains membres de l'actuelle majorité s'y rendent.
De son côté, la communauté internationale montre du doigt la Syrie. Les condamnations de Paris et de Washington ont été particulièrement fermes, la France réclamant une enquête internationale pour identifier les responsables de l'attentat, et les Etats-Unis appelant l'ONU à les "punir". Des consultations ont eu lieu, ce mardi, au Conseil de sécurité de l'ONU à New York. Les Etats-Unis ont préparé un texte, appuyé par la France, qui demande un "rapport" au secrétaire général, Kofi Annan, ce qui est une manière de réclamer une enquête.
La France et les Etats-Unis sont les deux pays qui, en septembre, ont parrainé la résolution 1559 du Conseil de sécurité réclamant le rétablissement de la souveraineté de ce pays et exigeant le retrait des troupes syriennes.
L'indignation exprimée, lundi en début d'après-midi à Paris, dans un communiqué de l'Elysée est à la mesure de l'amitié qui, de notoriété publique, liait Jacques Chirac à l'ancien premier ministre libanais: Cet attentat "suscite l'horreur et l'indignation" ; la France "demande qu'une enquête internationale soit conduite sans délai pour déterminer les circonstances et les responsabilités de cette tragédie, avant d'en punir les coupables. Elle en suivra le déroulement avec vigilance", dit le communiqué de l'Elysée. "La France rend hommage à celui qui incarnait la volonté indéfectible d'indépendance, de liberté et de démocratie du Liban", poursuit la présidence.
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Beyrouth,15Février2005 Nicolas L'Helgoualc'h ebizproduction
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